Mondes parallèles
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Pour tous ceux qui pensent que la diversité linguistique et culturelle est un enjeu important


« Una Europa di poliglotti non e una Europa di persone che parlano correntemente molte lingue, ma nel migliore dei casi di persone che possono incontrarsi parlando ciascuno la propria lingua e intendendo quella dell’altro... »

Umberto Eco, La ricerca della lingua perfetta,
ed. Laterza Fare l’Europa, 1993.

Si les états de faits énoncés ci-dessous vous concerne, alors l’intercompréhension est aussi pour vous...

Le monde est riche de 6 909 langues vivantes !
Parmi elles, certaines sont beaucoup parlées, d’autres parlées par quelques locuteurs seulement.
L.J. Calvet, professeur de linguistique de l’Université d’Aix, représente la distribution des langues du monde suivant un schéma qui s’inspire de la théorie de la gravitation des planètes : il se représente les langues comme une "vaste galaxie". Leur fonctionnement ressemble à celui des planètes qui attirées par d’autres, gravitent autour.

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Les douze premières langues du monde sont parlées par prés de 65% de la population mondiale et 6000 langues sont parlées par environ 35%.

Ce déséquilibre a des incidences sur les rapports de force qui s’établissent entre les peuples. Par exemple, L.J. Calvet, observant l’évolution de l’usage des langues au sein de l’ONU, souligne le non-respect des règlements linguistiques préconisant un équilibre dans l’usage des différentes langues de travail. Notamment "aujourd’hui plus de 50% des promotions du personnel de l’ONU sont accordées à des fonctionnaires monolingues anglophones" (Calvet, 2002, Le marché aux langues, Ed.Plon p. 151).

Les langues ne peuvent être réduites à une simple fonction de communication : elles expriment des concepts et véhiculent une certaine vision du monde.
Ces faits soulignent une forte tendance à une homogénéisation de la vision du monde qui, bien évidemment joue en faveur de ceux dont la vision est mise en avant.
La domination de l’anglais est d’ailleurs "née de l’addition de l’expansion coloniale et commerciale de l’Empire Britannique et de l’hégémonie du modèle technologique des Etats-Unis." (U. Eco - 1994, La recherche de la langue parfaite , Ed. Seuil, p. 374) ce qui traduit bien le rapport qui s’établit entre une domination économique et une domination linguistique.

Par ailleurs, ce phénomène de domination s’accompagne fatalement d’un appauvrissement culturel.
J.L. Calvet le démontre encore une fois très bien par l’exemple du flux de traductions de livres dans le monde : environ 40% des ouvrages traduits dans le monde le sont à partir de l’anglais.
Le français, le russe et l’allemand représentent pour chacune de ces langues entre 10 à 12%des traductions.
L’italien, l’espagnol, le danois, le suédois, le polonais et le tchèque représentent chacune 1 à 3% des traductions.

Enfin, à l’heure où il semble qu’il y ait le sentiment d’un déficit de démocratie en Europe, la question linguistique n’est pas à négliger : "la démocratie passe par la langue de ses citoyens" (Eurocomrom - 2004, p. 22) car "le passage par une langue tierce seule... ne respecte pas assez nos propres langues et cultures... Cela crée en plus des inégalités aux niveaux économique et social..." (Eurocomrom, 2004, p. 19).

L’intercompréhension propose un nouveau mode de communication, qui, en permettant le développant le plurilinguisme, favorise la diversité linguistique et culturelle.
Elle représente une réelle alternative à la solution souvent préconisée

Sur le pourtour méditerranéen l’IC peut-être également un outil qui, en facilitant la communication, renforcerait la cohésion de l’espace de coopération entre les pays du sud de l’Europe, avec les pays francophones de l’Afrique ainsi qu’avec les pays d’Amérique latine.
Il ne faut pas oublier que les langues latines c’est près d’un milliard de locuteurs dans le monde !

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